Synthèse du séminaire 2007-8 de l'IHEJ sur la reconnaissance
Séminaire sur la Reconnaissance (2007-8), Institut des Hautes Etudes sur la Justice (Paris)
Ce séminaire faisait principalement l’hypothèse d’un développement accéléré d’une justice de reconnaissance, où l’élément symbolique est très prégnant. Il s’agissait en particulier d’aborder les questions suivantes:
1) L’apport de la reconnaissance aux théories de la justice
Distinguant la reconnaissance comme méprise, ingratitude, déni et mépris, les intervenants ont souligné la présence récurrente de trois aspects fondamentaux : l’identification, l’intersubjectivité et le caractère temporel. C’est la question de l’injustice qui permet de faire le lien entre la question de la justice et celle de la reconnaissance ; l’absence de reconnaissance pouvant être palliée par une justice reconstructive (Ferry). Les deux sens de la justice (comme égalité ou équité des rapports sociaux, comme institution contribuant à la reconnaissance) sont complémentaires.
2) Le rôle de la justice dans les processus de reconnaissance.
Ce rôle apparaît à deux niveaux : d’abord les catégories juridiques ont vocation à valider une situation factuelle et à la faire exister publiquement, la reconnaître, ou encore à faire accéder une individualité privée à l’existence publique. Ensuite, la reconnaissance rend visible (Honneth) sans constituer ontologiquement : elle ne fait que structurer un mode d’apparaître.
3) Limites d’une justice de la reconnaissance.
Les réserves peuvent consister à mettre en doute l’importance de la reconnaissance au niveau des relations sociales (Dubet). Elles peuvent également prendre la forme d’une mise en question de la convergence entre la justice comme institution sociale et comme processus de reconnaissance : s’il est moralement légitime de vouloir être reconnu, l’intervention de la justice dans ce processus est-elle toujours pertinente ? Permet-elle de répondre pleinement aux enjeux identitaires ? L’intervention d’un tiers ne vient-elle pas perturber une relation spontanément pensée comme réciproque ? Le risque est par ailleurs grand de confondre compassion envers la souffrance et reconnaissance des capacités des individus (Castillo), voire reconnaissance et visibilité sociale (ou pire, exhibition), au détriment de l’intimité (Foessel). Autrement dit, le droit permet bien la reconnaissance, mais il n’est pas sûr que la reconnaissance soit un droit. Il faut dire que les attentes de reconnaissance, en tant qu’elles relèvent du désir, sont potentiellement inépuisables : elles peuvent donc autant déboucher sur l’action que sur un ressentiment protéiforme (Pech).
synthèse de Julie Allard: document ci-joint.
La liste des interventions est disponible ici en format pdf (bas de la page).
Les vidéos sont également en ligne en accès libre (rubrique « ressources »)
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| Synthèse IHEJ 2008 (Allard).pdf | 161.05 KB |
