Vulnérabilités environnementales : perspectives historiques

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Dans cette lettre à Voltaire sur le tremblement de terre de Lisbonne de 1755, Rousseau réfute le fatalisme de ses adversaires, qui attribuaient à Dieu des volontés, parfois destructrices, dont l’humanité devait bien s’accommoder. Il met au contraire en avant les origines partiellement humaines des catastrophes : celles-ci n’existent que par leurs effets sur l’homme, qui, parfois, se met en position d’être affecté par les soubresauts de la nature. Il perçoit ainsi justement la manière dont les sociétés humaines créent leur propre vulnérabilité. C’est ce point de vue qui a été repris dans l’article fondateur des géographes Phil O’Keefe, Ken Westgate et Ben Wisner, publié en 1976, dans lequel ils rejettent la simple naturalisation des catastrophes et insistent justement sur leur dimension socio-économique, mettant ainsi l’accent sur la question de la vulnérabilité des sociétés concernées.

De la vulnérabilité à la résilience

La vulnérabilité peut se définir comme la susceptibilité pour un...

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